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« Si elle ne s’est pas débattue, ce n’est pas un viol » : halte aux mythes sur les violences faites aux femmes

Crédits : Wikimedia Commons
« Si elle ne s’est pas débattue, ce n’est pas un viol » : halte aux mythes sur les violences faites aux femmes
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Si on a souvent peur de rentrer chez soi le soir tard, seule dans la nuit noire en tenue d’appart après une virée en boîte, c’est qu’on s’imagine souvent le violeur caché au coin d’une rue, prêt à nous sauter dessus dès qu’on en viendra à trébucher avec nos talons trop hauts. Pourtant, ce cas de figure ne représenterait qu’une très infime partie des agressions sexuelles, celles-ci s’avérant bien plus courantes dans la vie privée ou professionnelle, avec des gens que la victime connaît plus ou moins bien. Un des mythes qui explique peut-être pourquoi les femmes ont du mal à dénoncer leurs agresseurs. Retour sur ces croyances infondées qui ne font pas avancer les mœurs.

Des violences, viols ou tentatives de viol bien plus courantes qu’on ne le croit

Chaque année, en France, ce ne sont pas moins de 216 000 femmes qui sont victimes de violences physiques ou sexuelles de la part de leur conjoint ou de leur ex, et 86 000 femmes de viols ou tentatives de viol de la part d’un inconnu. C’est bien simple, une femme sur cinq aurait rapporté avoir été harcelée au moins une fois dans sa vie, et pas forcément par un parfait inconnu. Au contraire. Chez les mineures, le bilan s’alourdit, et ce seraient environ 81 % d’entre elles qui déclareraient avoir été victimes d’agressions, selon une enquête de l’UNICEF.

Crédits : Incirlik Air Base

Le mythe du viol commis la nuit dans la rue par un parfait inconnu

Aujourd’hui encore, très peu de femmes oseraient porter plainte. Par honte, pudeur ou doute. Un déni qui peut s’expliquer par les propos qu’on peut entendre de certaines bouches : « Un vrai viol, n’est-ce pas la nuit, dans une rue déserte, l’agresseur étant un inconnu armé et la victime une jeune femme séduisante ? ». Un mythe qui a bon dos : car seul un faible pourcentage correspond à cette réalité. Les viols seraient à plus forte raison commis par un proche ou un conjoint, ou une personne connue de la victime, qui est elle, dans la majeur partie des cas mineure, ou enfant. Les femmes adultes n’en réchappent malheureusement pas, elles qui peuvent subir des agressions dans leur cadre professionnel ou dans leur couple.

Crédits : Wikimedia Commons

Les femmes qui portent plainte sont souvent considérées comme des menteuses ou peu prises au sérieux

Malheureusement, celles qui osent franchir le pas du Tribunal ne sont pas récompensées comme elles le devraient. Souvent, on les accuse de mentir, ou de minimiser les faits : « il n’y a pas mort d’homme », a pu déclarer un contrôleur dans le train après la dénonciation d’un passager qui aurait tenté de violer une femme. D’autres propos aussi inadmissibles comme « elle l’a bien mérité, c’est elle qui l’a cherché au vu de la tenue qu’elle portait » ou « elle était consentante puisqu’elle n’a pas résisté », n’excusent en rien une agression. Car les conséquences psychologiques sur ces femmes qui osent affronter le regard de leur harceleur est déjà assez difficile comme ça pour ne pas en rajouter. Communiquer et sensibiliser sur le sujet, la clé pour changer de regard sur ces violences souvent impunies.

Crédits : Wikimedia Commons

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