En pleine vague de chaleur estivale, alors que le thermomètre s’affole depuis plusieurs jours dans une grande partie de l’Hexagone, beaucoup d’entre nous appliquent des gestes hérités du bon sens familial pour tenir le coup. Sauf que certains de ces réflexes, transmis de génération en génération, peuvent en réalité aggraver la situation. Je m’étais persuadée d’avoir la bonne méthode : volets fermés en journée, un petit rosé frais le soir pour décompresser, et quelques pas dehors quand le soleil baissait. Persuadée de bien faire, jusqu’à ce que je tombe sur les recommandations officielles de Santé publique France. Et là, le constat est sans appel : la plupart d’entre nous confondent bon sens et bons réflexes. Voici ce qu’il faut savoir pour traverser la canicule en préservant sa santé, et celle de ses proches.
Le geste que je répétais chaque matin sabotait la fraîcheur de ma maison
Fermer les volets dès le matin en pensant « bloquer la chaleur » : voilà l’erreur la plus répandue. En réalité, le timing fait toute la différence. Les recommandations de Santé publique France sont claires : il faut ouvrir grand fenêtres et volets la nuit et tôt le matin, quand l’air extérieur est plus frais, afin de créer des courants d’air et de rafraîchir naturellement les pièces. Puis, dès que la température extérieure dépasse celle de l’intérieur, généralement en milieu de matinée, il faut fermer volets, rideaux et fenêtres pour piéger la fraîcheur accumulée pendant la nuit. Or, en laissant mes volets clos toute la nuit et en les ouvrant en pleine journée pour « aérer », je faisais exactement l’inverse : je chauffais ma maison au lieu de la protéger. Ce simple ajustement du calendrier d’ouverture peut faire gagner plusieurs degrés à l’intérieur, un vrai soulagement quand on sait que la chaleur nocturne prolongée est particulièrement éprouvante pour les personnes âgées.
L’apéro qui rafraîchit… et qui déshydrate en silence
Le rituel du verre frais en terrasse au coucher du soleil semble inoffensif, presque salutaire. Pourtant, Santé publique France recommande d’éviter l’alcool pendant les épisodes de forte chaleur. Bière, rosé, pastis ou spritz ont beau donner une sensation immédiate de fraîcheur, ils accentuent la déshydratation et perturbent la thermorégulation du corps, cette capacité naturelle à maintenir une température stable. Résultat : on transpire davantage, on élimine plus d’eau, et le risque de malaise grimpe en flèche, en particulier chez les seniors dont le mécanisme de la soif est parfois moins efficace. La consigne officielle est de boire régulièrement de l’eau, sans attendre d’avoir soif, et de miser sur les aliments gorgés d’eau : pastèque, melon, concombre, tomate, courgette, fraises. Une bonne salade de fruits frais ou une soupe froide de légumes remplace avantageusement l’apéritif alcoolisé, tout en apportant vitamines et minéraux perdus par la transpiration.
Sortir « quand il fait moins chaud » ne suffit pas
« Je sors quand ça va mieux » : cette phrase, on se la répète tous. Sauf que limiter l’exposition à la chaleur ne se résume pas à éviter la mi-journée. Santé publique France insiste sur la nécessité de rester plusieurs heures par jour dans un endroit frais — chez soi si le logement est bien protégé, ou dans un lieu climatisé comme une médiathèque, un centre commercial, une église ou un espace municipal dédié. Les plages horaires les plus à risque s’étendent généralement de 11 h à 21 h, bien au-delà du seul créneau du midi. Il est également recommandé de reporter les efforts physiques, jardinage, courses lourdes ou marche prolongée, aux heures les plus fraîches, voire de les annuler en cas de vigilance renforcée. Enfin, il faut apprendre à reconnaître les signaux d’alerte : maux de tête persistants, fatigue inhabituelle, crampes, vertiges, nausées, bouche sèche, urines foncées. Ces signes ne trompent pas : ils annoncent un coup de chaleur qui, mal pris en charge, peut devenir une urgence vitale. Dans ce cas, il faut se mettre au frais, s’hydrater et, si les symptômes persistent, appeler le 15.
Ce que j’ai changé, et ce que vous pouvez appliquer dès la prochaine alerte
Depuis cette prise de conscience, ma routine estivale a changé du tout au tout. J’ouvre volets et fenêtres dès la tombée de la nuit et jusqu’au petit matin, puis je referme tout avant que le soleil ne tape. J’ai remplacé le verre du soir par de l’eau fraîche aromatisée à la menthe ou au citron, et je remplis ma table de fruits d’été gorgés d’eau. Enfin, je repense mes sorties : courses très tôt le matin, pause au frais en début d’après-midi, promenade seulement en soirée quand la température le permet vraiment. Trois réflexes simples, validés par Santé publique France, qui font la différence entre subir la canicule et la traverser sereinement. Prochaine étape : préparer un véritable kit canicule à la maison — brumisateur, ventilateur, thermomètre d’intérieur, liste des numéros utiles dont la plateforme d’information Canicule info service au 0 800 06 66 66, et coordonnées d’un proche à prévenir en cas de coup dur.
Traverser une vague de chaleur ne relève pas seulement du bon sens : cela demande d’ajuster ses habitudes à des consignes précises, parfois contre-intuitives. Ouvrir les volets au bon moment, dire non à l’alcool le temps de l’épisode caniculaire, adapter ses sorties et surveiller son corps : voilà les trois piliers d’une protection efficace. Et si l’on profitait de cette période estivale pour transmettre ces bons réflexes autour de soi, notamment aux proches les plus fragiles qui n’osent pas toujours demander de l’aide ?

