Et si votre point de côté n’avait rien à voir avec votre digestion, votre hydratation ou votre niveau de forme ? Pendant deux ans, une lectrice a testé toutes les théories possibles avant une sortie : manger léger, boire plus, courir plus lentement. Rien n’y faisait. Le fameux point de côté revenait, fidèle au poste, autour du dixième minute de course. Et puis un jour, un coach l’a regardée courir trois secondes à peine, et a posé le diagnostic sans hésiter. La cause ? Une posture qu’elle traînait depuis des années sans même s’en rendre compte.
- Une posture voûtée comprime la cage thoracique et le diaphragme, provoquant des spasmes latéraux à l'origine du point de côté
- Corriger sa foulée passe par un buste redressé, des épaules ouvertes, un regard à l'horizon et une respiration abdominale plutôt que thoracique
- Un rappel postural toutes les cinq minutes et un renforcement du dos et des abdominaux deux fois par semaine permettent d'ancrer durablement cette nouvelle posture
Pourquoi une foulée voûtée transforme chaque course en calvaire respiratoire
Le dos rond, les épaules qui tombent vers l’avant, le regard fixé sur ses baskets : ce sont des réflexes que beaucoup adoptent sans le vouloir, surtout en fin de course, quand la fatigue s’installe. Le problème, c’est que cette posture comprime mécaniquement la cage thoracique et, avec elle, le diaphragme. Ce muscle en forme de dôme, situé juste sous les poumons, a besoin d’espace pour se contracter librement à chaque inspiration. Quand le buste s’affaisse, il travaille en position raccourcie, dans un espace réduit. Résultat : il se fatigue plus vite, respire de façon saccadée, et finit par déclencher des spasmes musculaires latéraux, autrement dit ce fameux point de côté qui coupe le souffle en pleine foulée. Ce n’est donc pas une question de chance ou de fragilité, c’est une conséquence directe de la biomécanique.
La méthode pour redresser sa posture et libérer enfin son diaphragme
La bonne nouvelle, c’est que corriger ce défaut ne demande ni matériel ni séance interminable. Il s’agit avant tout de reprogrammer un réflexe postural, ce qui prend un peu de temps mais fonctionne à tous les coups si on s’y tient. Voici les points à travailler avant et pendant la course :
- Redressez le buste comme si un fil invisible tirait le sommet du crâne vers le ciel
- Ouvrez la cage thoracique en reculant légèrement les épaules, sans les crisper
- Gardez le regard à l’horizon, pas sur le sol
- Engagez légèrement les abdominaux profonds pour stabiliser le tronc
- Respirez en gonflant le ventre à l’inspiration, pas seulement la poitrine
Un exercice simple à faire avant chaque sortie : tenez-vous debout, inspirez profondément en gonflant le ventre, puis expirez en rentrant légèrement le nombril vers la colonne. Répétez cinq fois. Cela réactive la mémoire du bon placement et prépare le diaphragme à travailler dans de bonnes conditions dès les premières foulées.
Les astuces du coach pour ancrer durablement une foulée qui respire
Une posture ne se corrige pas en une seule sortie, surtout si elle s’est installée pendant des années. L’astuce la plus efficace consiste à se fixer un rappel toutes les cinq minutes : montre, application ou simple compte mental. À chaque signal, on vérifie l’alignement tête-épaules-bassin et on relâche les tensions inutiles dans la nuque et les trapèzes. Autre point souvent négligé : le renforcement des muscles du dos et des abdominaux en dehors des sorties, deux fois par semaine suffisent pour donner au corps les ressources nécessaires pour tenir une posture droite sans effort conscient. En cette rentrée, où les emplois du temps reprennent leur rythme effréné, c’est aussi le bon moment pour ralentir un peu l’allure pendant quelques séances et se concentrer uniquement sur le placement. La vitesse reviendra naturellement une fois le geste intégré.
Ce que révèle cette histoire, c’est qu’un point de côté récurrent n’est presque jamais une fatalité : c’est souvent un signal du corps qui indique un déséquilibre postural facile à corriger une fois identifié. Alors, la prochaine fois que le souffle se coupe en pleine course, la question à se poser n’est peut-être pas qu’ai-je mangé, mais plutôt comment je me tiens.

