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Cartes postales sexistes : la guerre est déclarée !

Capture Twitter

Vous bronzez à l’ombre des cocotiers depuis quelques jours quand l’idée vous prend de penser à autre chose qu’à la trace de votre maillot. Et si vous envoyiez une petite pensée à vos proches ? Ramollie par la chaleur, vous vous traînez tant bien que mal jusqu’au tourniquet du bureau de tabac le plus proche, à la recherche du bout de carton parfait.

Vous flânez depuis quelques heures autour des tourniquets exposant des cartes postales de paysages quand, ô rage ô désespoir, vous tombez sur un modèle carrément outrageux. Non que vous soyez choquée par la photo (vous en avez vu d’autres) de cette femme dénudée, fesses écartées à peine dissimulées sous un string trois fois trop serré. Vous ne pouvez vous empêcher de crier au scandale sexiste. Une carte postale sexiste parmi tant d’autres, que l’association féministe Femmes Solidaires est bien décidée à dénoncer.


Les cartes postales de femmes exhibées envahissent les tourniquets

Elles sont femmes et toutes solidaires. L’association Femmes Solidaires porte bien son nom. Cet été, le collectif s’en va en guerre pour dézinguer les clichés sexistes affichés sur les cartes postales estivales, jugées dégradantes pour notre image. Il est vrai que les “Petites Pensées de Bretagne”, les “Bisous de Provence” ou encore les “Il Fait Chaud en Corse” peuvent être torrides. Ces photos de femmes à moitié nues aux positions suggestives, avec pour arrière-plan une plage de rochers, un champ de lavande ou une crique déserte, tirant parfois sur le porno, attestent du sexisme latent.

Ces cartes postales concourent à la culture du viol qui impose une image dégradante des femmes et participent à légitimer et banaliser les violences faites aux femmes.

Pas moins de 10 000 militantes ont été invitées à débusquer les cartes offensantes à travers l’Hexagone. Le constat est probant : une centaine de souvenirs de vacances sont sujets au sexisme.

Nous allons en publier une par jour sur les réseaux sociaux pour montrer l’ampleur et la gravité du phénomène.

Kévin Védie, porte-parole de l’association


Des buralistes peu concernés

Dans le genre beauf, on ne fait pas mieux… Les buralistes, parfois étonnés par la démarche du collectif féministe, affirment que la demande pour ce genre de cartes postales est en forte baisse. Certains avoueraient même qu’ils ne pensaient pas que cela aurait pu porter atteinte à qui que ce soit.

C’est un marché très restreint. ll n’y a pas de quoi s’énerver non plus, il y a des choses beaucoup plus importantes dans le monde.

Éric Leconte, Éditions Valoire Estel


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