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Comment avorter quand on n’y connaît rien ? Tout ce que vous devez savoir sur l’IVG

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Comment avorter ? Que ce soit pour vous, pour une copine ou par simple curiosité, on parie que vous avez déjà été tentée d’entrer ces mots dans la barre de votre moteur de recherche… Un avortement n’est pas anodin, et cette procédure requiert un minimum de temps et de courage. On vous dit tout sur son déroulement, et les choix qui s’offrent à vous pour le réaliser dans les règles de l’art.

Depuis la loi Veil de 1975, toute femme française a le droit de mettre fin à sa grossesse, tant qu’elle respecte les délais imposés par la loi (fin de la 12e semaine). En France, la procédure d’IVG est très encadrée et nécessite une préparation en amont, tant au niveau psychologique qu’administratif… Voici tout ce que vous devez savoir sur la procédure d’avortement.

1/ L’avortement est gratuit

Vous tiquez sur le prix de l’IVG ? Heureusement, en France, l’avortement est gratuit pour toutes, entièrement remboursé par la sécurité sociale. Que ce soit dans le cas d’une intervention chirurgicale ou par la prise de médicaments, tout est pris en charge sur le plan financier. Pour information, l’équivalent d’une IVG par intervention médicale revient à environ 500 euros, et par voie orale (IVG médicamenteuse), entre 200 et 300 euros. Les autres procédures nécessaires comme les examens cliniques, les consultations avec un spécialiste et les échographies sont également remboursées à 100 % par l’assurance maladie.

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Crédits : iStock/KatarzynaBialasiewicz

2/ Il existe deux techniques d’IVG : l’intervention chirurgicale ou les médicaments

Deux méthodes d’IVG vous seront proposées, ou imposées. En effet, selon vos spécificités (antécédents, risques hémorragiques), l’avancement de votre grossesse ou autres paramètres, la technique d’avortement peut être décidée par le corps médical pour que tout se passe au mieux. Il existe deux techniques légales pour avorter : la méthode chirurgicale ou la méthode médicamenteuse.

1/ Avorter en ingérant deux médicaments

Si vous optez pour une IVG médicamenteuse, vous n’avez pas besoin de vous faire hospitaliser. Cette technique peut vous être proposée jusqu’à la 5e semaine de grossesse si vous ne présentez aucune contre-indication.

Comment ça se passe ?

Le médecin en charge de votre avortement vous administre d’abord un comprimé de mifépristone, un stéroïde synthétique abortif (aussi appelé Mifégyne). Ensuite, passé un délai de 48 heures, vous ingérerez un autre comprimé, le misoprostol (Gymiso). Vous resterez alors quelques heures sous la surveillance médicale d’une infirmière qui soulagera vos douleurs éventuelles et répondra à vos questions pour calmer vos inquiétudes. Dans la plupart des cas, l’embryon est expulsé au cours de cette période. Avant de rentrer chez vous, le corps médical s’assurera que votre contraception est en règle. Dans les deux à trois semaines suivant la prise de ces médicaments abortifs, vous devrez vous présenter à une dernière consultation médicale de contrôle.

Quels sont les effets secondaires de ces médicaments ?

Si vous connaissez une femme dans votre entourage qui a subi un avortement au moyen de médicaments, elle ne niera certainement pas ses effets plus ou moins douloureux. On qualifie souvent les effets secondaires des médicaments abortifs comme des douleurs de règles corsées. Crampes, saignements ou caillots de sang sont au programme, mais aussi nausées, maux de tête, fièvre ou bouffées de chaleur. Les moins chanceuses ne s’en tireront pas sans des vomissements, des diarrhées ou des vertiges. En revanche, la fièvre qui suit le second comprimé est un effet secondaire normal, tant qu’elle ne dépasse pas les 38 °C.

Heureusement, ces effets secondaires disparaissent naturellement au bout d’un temps variable en fonction des femmes. Tant que vous n’avez pas de complications, il n’est pas nécessaire de procéder à une intervention. Il est aussi possible que vous observiez une réaction allergique à ces médicaments (démangeaisons, boutons, crise d’urticaire).

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2/ Avorter en se faisant opérer

Cette intervention chirurgicale est possible jusqu’à la 12e semaine de grossesse, et obligatoirement réalisée au sein d’un hôpital ou d’une clinique. L’hospitalisation, qui consiste en une aspiration de l’embryon, peut varier de 3 à 12 heures en fonction des cas.

Comment ça se passe ?

Après vos consultations médicales, vous passez au bloc opératoire pour une durée indéterminée (qui ne dépasse toutefois pas les 12 heures). En revanche, l’opération, elle, est très rapide, et n’excède pas le quart d’heure. Vous serez soit anesthésiée localement, soit entièrement (pour dilater le col de l’utérus). L’embryon est alors aspiré par le chirurgien au moyen d’une canule. Deux semaines après l’intervention, vous devrez prendre rendez-vous avec votre médecin pour qu’il s’assure que vous n’avez pas subi de complications.

Quels sont les effets indésirables de l’intervention chirurgicale ?

Généralement, les effets secondaires d’une IVG chirurgicale se résument à des saignements légers, qui peuvent durer quelques jours (10 maximum). Si vos pertes sont abondantes ou durent trop longtemps, consultez votre médecin rapidement. En effet, l’autre effet indésirable d’une interruption de grossesse par aspiration est l’hémorragie. Dans les plus rares cas, il est possible d’observer une déchirure du col de l’utérus ou de la paroi utérine, ou des lésions intestinales.

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3/ Vous avez le choix entre plusieurs établissements pour réaliser votre avortement

En France, une interruption volontaire de grossesse peut se pratiquer dans différents établissements. Vous avez le choix parmi :

  • le cabinet médical d’un gynécologue, obstétricien ou médecin généraliste conventionné
  • l’hôpital
  • la clinique
  • le planning familial ou autre centre de santé (uniquement si vous avez opté pour la technique médicamenteuse). Depuis 2016, les sages-femmes sont aussi autorisées à pratiquer l’avortement médicamenteux.

4/ Vous n’êtes pas obligée de vous justifier auprès des médecins et pouvez zapper la consultation psychologique

Lorsqu’on décide d’interrompre volontairement sa grossesse, la structure de santé qui nous prend en charge propose systématiquement une consultation psychosociale. Vous n’êtes pas tenue de l’honorer. Ce rendez-vous est non obligatoire, mais pourra s’avérer d’une aide précieuse pour certaines femmes. Il s’agit d’un moment de dialogue et d’écoute entre le professionnel de santé et vous. N’hésitez pas à lui faire part de vos interrogations, inquiétudes et doutes.

5/ Pas besoin d’être majeure pour avorter

Si vous êtes mineure, vous avez le droit comme les autres à l’avortement. Vous devez seulement avoir l’autorisation d’un représentant majeur, parent ou non. En revanche, si l’entretien psychologique (voire point précédent) est non obligatoire pour les majeures, il l’est pour les mineures.

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6/ Il n’existe plus de délai de 7 jours entre les deux consultations principales

La loi du 27 janvier 2016 a décidé d’annuler le délai de réflexion de sept jours auparavant à respecter entre les deux consultations médicales principales (examen clinique/confirmation de la demande d’IVG). Ce délai s’est écourté à deux jours, après consentement écrit de la patiente.

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