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Les kinés n’en peuvent plus de le répéter : ce côté où l’on tient sa canne décide de toute la démarche

Une chute évitée, une hanche préservée, une démarche retrouvée : voilà ce qui se joue parfois dans un geste aussi simple que le choix de la main qui tient la canne. Dans les salles de rééducation, les kinésithérapeutes observent presque quotidiennement la même erreur, celle qui consiste à placer l’appui du mauvais côté. Un détail en apparence anodin, mais qui peut faire toute la différence entre une marche fluide et une démarche douloureuse, voire dangereuse. À l’approche de l’automne, période où les sorties se font plus prudentes sur des trottoirs parfois glissants, ce sujet reprend toute son importance pour les personnes qui s’appuient sur une canne au quotidien.

Le côté de la canne, ce détail qui change toute la démarche

Beaucoup de personnes tiennent instinctivement leur canne du côté de la jambe qui les fait souffrir, pensant ainsi la soulager plus facilement. Or, c’est précisément l’inverse qui devrait être fait. Les professionnels de la rééducation le rappellent sans relâche : la canne doit se tenir du côté opposé à la jambe douloureuse. Ce choix, loin d’être arbitraire, repose sur un principe biomécanique simple mais souvent méconnu. En modifiant la répartition du poids du corps lors de la marche, la position de la canne influence directement l’équilibre, la posture et même la vitesse de déplacement. Un mauvais positionnement peut ainsi accentuer une boiterie déjà présente, alors qu’un bon geste permet au contraire de la corriger progressivement.

Jambe douloureuse, appui sain : le mécanisme à comprendre

Pour comprendre pourquoi ce détail est si déterminant, il faut s’intéresser à la façon dont le corps se déplace. Lorsque l’on marche, chaque pas repose sur un transfert de poids d’une jambe à l’autre. Si la jambe douloureuse doit supporter tout le poids du corps sans aide extérieure, la douleur s’intensifie et la marche devient instable. En tenant la canne du côté opposé à la jambe fragile, on crée un point d’appui supplémentaire qui vient soulager cette jambe au moment critique où elle touche le sol. Ce mécanisme, appelé report d’appui, permet de diminuer la pression exercée sur l’articulation douloureuse, qu’il s’agisse du genou, de la hanche ou de la cheville. Concrètement, la canne et la jambe saine avancent presque en même temps, tandis que la jambe douloureuse profite de ce soutien pour se poser plus légèrement. Ce fonctionnement, une fois compris, change complètement la manière dont on perçoit l’utilité d’une canne : elle n’est pas un simple accessoire de soutien, mais un véritable outil de rééquilibrage du corps.

Bien utiliser sa canne au quotidien : les réflexes à adopter

Adopter les bons réflexes ne demande que quelques ajustements simples, mais ils sont essentiels pour marcher en sécurité. D’abord, il convient de vérifier la hauteur de la canne : le poignet doit se situer au niveau de la hanche lorsque le bras est détendu le long du corps, pour garantir un appui confortable et efficace. Ensuite, le rythme de marche doit être respecté : la canne avance en même temps que la jambe douloureuse, puis le pas suivant se fait avec la jambe saine. Ce déroulé, répété avec régularité, devient rapidement automatique. Il est également recommandé de porter une attention particulière au sol, surtout en cette période où les feuilles mouillées et les trottoirs humides peuvent rendre la marche plus glissante. Enfin, un embout en bon état, ni trop usé ni trop lisse, reste indispensable pour assurer une adhérence optimale. Voici quelques repères simples à garder en mémoire :

  • Tenir la canne du côté opposé à la douleur
  • Ajuster la hauteur au niveau du poignet
  • Avancer la canne avec la jambe douloureuse
  • Vérifier régulièrement l’embout antidérapant
  • Adapter son pas aux conditions du sol, surtout en période humide

Ces gestes simples, une fois intégrés, permettent de retrouver une marche plus sûre et moins douloureuse, tout en réduisant le risque de chute, particulièrement redouté chez les personnes âgées.

Ce détail, si souvent négligé, illustre à quel point de petits ajustements peuvent transformer le quotidien. Savoir de quel côté tenir sa canne n’est pas une question de confort superficiel, mais un véritable enjeu de santé et d’autonomie. Alors, la prochaine fois que vous ou un proche utiliserez une canne, prendrez-vous le temps de vérifier ce détail essentiel avant de faire le premier pas ?