Contrairement à une idée reçue solidement ancrée, enfiler ses baskets pour aller courir n’est pas la meilleure stratégie quand on débute et qu’on veut perdre du ventre. Les physiologistes sont formels sur ce point, et pourtant chaque rentrée, chaque reprise de bonnes résolutions, on voit les mêmes scènes se répéter dans les parcs : des débutants qui partent sprinter comme s’ils fuyaient un cambriolage, avant de s’écrouler, essoufflés, dix minutes plus tard. En cette rentrée de septembre, alors que beaucoup cherchent à reprendre une activité physique après l’été, il est temps de remettre les pendules à l’heure. Non, il ne faut pas suer à grosses gouttes pour que ça fonctionne. Il existe une allure bien plus lente, bien plus accessible, et paradoxalement bien plus efficace pour attaquer la graisse abdominale sans y laisser ses genoux.

À retenir
  • La course génère un impact de 2,5 à 3 fois le poids du corps contre 1 à 1,5 fois pour la marche, augmentant les risques de blessure chez les débutants.
  • À faible intensité, l'organisme puise préférentiellement dans les graisses pour produire de l'énergie, contrairement à un effort intense qui sollicite surtout les glucides.
  • Il est recommandé de marcher 30 à 50 minutes plusieurs fois par semaine à une allure permettant de parler sans être essoufflé.

Pourquoi le jogging trahit les débutants qui veulent perdre du ventre

Pourquoi le jogging trahit les débutants qui veulent perdre du ventre
Crédit : © DR

Le jogging a mauvaise réputation chez les débutants, et ce n’est pas un hasard. À chaque foulée, le corps encaisse une force d’impact qui représente 2,5 à 3 fois le poids du corps, contre seulement 1 à 1,5 fois en marche. Concrètement, si vous pesez 65 kilos, chaque pas de course fait subir à vos articulations l’équivalent de 160 à 195 kilos d’impact. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : des mesures de forces de réaction au sol relèvent un pic vertical de 844 newtons en course à 8 km/h, contre 581 newtons en marche modérée et 565 newtons en marche soutenue en côte. Autrement dit, on cogne bien plus fort le bitume qu’on ne le pense. Résultat, pour des genoux, des hanches ou des tibias qui n’ont pas encore l’habitude de l’effort, c’est la porte ouverte aux blessures. Ajoutez à cela une croyance tenace : il faudrait courir vite pour maigrir. Beaucoup partent donc trop fort, avant de revenir exténués après vingt ou trente minutes, dégoûtés, et parfois blessés pour plusieurs semaines. Le jogging n’est pas mauvais en soi, mais il n’est simplement pas adapté à un corps qui débute.

La marche à allure modérée, ce rythme cardiaque qui active la combustion des graisses

Voici le cœur du sujet, et la vraie bonne nouvelle : la marche maintient un rythme cardiaque bas qui cible directement l’oxydation des graisses, sans traumatiser les articulations. À faible intensité, l’organisme puise préférentiellement dans les réserves de graisse pour produire de l’énergie, contrairement à un effort trop intense qui sollicite surtout les glucides. C’est tout le paradoxe : aller plus doucement peut brûler plus efficacement le tissu adipeux, surtout sur la durée. La marche a aussi un avantage de taille, elle se pratique plus longtemps et sur de plus longues distances que la course, avec beaucoup moins de risques de blessure. Si vous débutez ou si vous souffrez de douleurs articulaires, c’est clairement l’option la plus adaptée entre les deux. Bien sûr, une heure de course brûle davantage de calories qu’une heure de marche, personne ne dira le contraire. Mais à quoi bon si vous ne tenez que vingt minutes avant de vous arrêter, épuisée et découragée ? La régularité bat toujours l’intensité mal maîtrisée.

Les conseils du coach pour transformer chaque promenade en séance brûle-graisses efficace

Pour que la marche devienne un vrai outil de perte de ventre, quelques ajustements simples suffisent. Voici ce que je recommande à mes débutantes :

  • Viser au moins 30 à 50 minutes de marche dans sa zone d’endurance, plusieurs fois par semaine
  • Garder une allure où vous pouvez encore parler sans être essoufflée, c’est le signal que vous êtes dans la bonne zone
  • Profiter des trajets du quotidien, aller au travail à pied, descendre un arrêt de bus plus tôt, marcher pendant un appel téléphonique
  • Ajouter du dénivelé quand c’est possible, une côte douce sollicite davantage sans changer d’allure
  • Associer cette pratique à une alimentation équilibrée, car la marche seule ne fait pas de miracle sans une bonne hygiène de vie

L’astuce que je donne souvent en coaching : n’attendez pas d’avoir le temps pour une séance dédiée. La marche s’intègre naturellement dans une journée bien remplie, sans planification complexe. C’est justement ce qui la rend durable, contrairement à un jogging qu’on abandonne dès la première contrariété articulaire.

En résumé, oubliez la course effrénée si vous débutez : c’est la marche à allure modérée, régulière et sans pression, qui construit une vraie perte de ventre durable. Alors, plutôt qu’un jogging expéditif ce week-end, pourquoi ne pas tester une longue marche en forêt, maintenant que les couleurs d’automne s’installent ?